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samedi 11 février 2023

Confession d’un futur embastillé. In memoriam Didier Patte (1941-2023)



Les points de vue exposés n’engagent que l’auteur de ce texte et nullement notre rédaction.  Les Onironautes sont avant tout attaché à la liberté d’expression. Ce qui implique tout naturellement que des opinions diverses, voire opposées, puissent y trouver leur place.

Amoureux des patries charnelles, et d’abord de la sienne, à la tête du Mouvement normand près d’un demi-siècle durant, Didier Patte nous a quittés. Journaliste, militant, syndicaliste, il aura œuvré toute sa vie à la réunification de la Normandie. Proche du Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne (GRECE), il participa à son 34e colloque, en 2001, consacré à « L’Europe et les régions ». Normand de choc, il présida un temps, de 2001 à 2007, l’association des amis de Jean Mabire. En hommage à sa personne et à son combat, nous publions une tribune qu’il avait donnée à notre revue (« Éléments », n° 12, septembre-novembre 1975) sur la question normande.

En cette année 1975, m’est-il encore possible d’être et de me dire NORMAND et FRANÇAIS ?

J’avoue que, jusqu’à une époque récente, je ne me posais même plus la question. Cela coulait de source : j’étais français parce que normand…

Évidemment, je n’étais pas un Français indéfinissable, interchangeable de Dunkerque à … Perpignan. J’étais un Français d’une complexion et d’un pelage particuliers qui, en se mêlant aux autres Français des autres régions, contribuait à former la population de la France, si variée, si riche, dans sa diversité ; qu’avec fatuité chauvine, j’en conviens, j’en venais à croire qu’elle pût être un microcosme des peuples de l’Europe occidentale.

Certes, j’avais ricané, jadis, lorsqu’au lycée, nos chers maîtres avaient essayé de nous faire croire que la France, fille aînée de la latinité – ou de l’Église (les professeurs laïcs oubliaient alors leurs phobies anticléricales) –, faisaient de nous, descendants de Vikings, des Méditerranéens de mentalité, à la logique cartésienne… J’en voulais à Corneille, d’ailleurs, le plus romain des Normands, de voler au secours de nos écolâtres et je me consolais en me disant qu’il s’agissait, là, de la victoire posthume du martégal Maurras, chez qui le génie français n’avait pu et ne pouvait être que latin.

La Normandie suspecte

Heureusement, au sortir de ces années d’obscurantisme de la nouvelle scolastique lycéenne, j’avais eu l’impression de redevenir moi-même et, sans complexes, jetant par-dessus les moulins le bonnet de la latinité, je retrouvais avec enthousiasme mes racines nordico-germaniques, composantes indiscutables de l’arbre français… Dans le même temps, je prenais conscience du fait celtique – dont personne ne m’avait jamais parlé – et faisant la part des domaines de chacune des ethnies françaises, je commençais à appréhender le miracle français…

Hélas, ce n’était qu’une illusion… Tout comme un général-président, je m’étais fait « une certaine idée-de la France » et la réalité était autre… J’avais poursuivi une chimère : la découverte de la France et la France n’existait pas !

Car la France n’existe pas ! Il y a bien une expression géographique de ce nom (elle a d’ailleurs évolué au cours des siècles), mais rien d’autre. Il y a bien un État Français dont il paraît que je suis citoyen, mais de France, point !

Je ne me sens pas à l’aise dans ma défroque de citoyen français : je ne suis pas parisien et, par suite, je ne puis prétendre jouir pleinement des lueurs de ce phare de la Civilisation qu’est Paris. Plus grave, je dois être un très mauvais citoyen français puisque je n’accepte pas les privilèges exorbitants de la capitale, qui tire toute sa substance de la province asservie… mais, ce faisant (le préfet Doublet en a bien prévenu les lecteurs du journal Le Monde), je remets en cause l’unité nationale.

Car il faut me rendre à l’évidence : en refusant de m’abandonner aux délices frelatés de la vie parisienne, je deviens suspect à l’État parisien ; en demeurant normand (latin ne suis, parisien ne daigne), je suis coupable du crime inexpiable d’originalité et les jacobins massificateurs ne sont pas prêts à me reconnaître le droit à la différence.

Décolonisons nos provinces !

Marginal, je le suis puisque je n’accepte pas sans mot dire que ma terre, mon peuple soient traités selon le « droit commun » (quelle belle expression pour désigner l’ensemble des lois de la République destinées à être appliquées à toutes les régions de France !) ; hors-la­loi, je vais le devenir lorsque je vais refuser d’enseigner plus longtemps à mes élèves normands le respect dû à des institutions qui étouffent à ce point nos particularismes ; révolté, je le deviendrais si, contre tout bon sens, le gouvernement français n’accordait pas aux Normands le droit de vivre et de travailler en Normandie… Depuis cent-cinquante ans – et le phénomène va s’accélérant –, une déportation massive, bien qu’insidieuse, de mon peuple, vide la Normandie de sa substance, de ses élites…

La poussée démographique de la Basse Seine n’est due qu’à des non-Normands, qui sont « encadrés » par des techniciens étrangers à notre région, alors que les cadres normands ne trouvent pas de travail chez eux ! Quant à la partie occidentale de la Normandie, elle se dépeuple à une vitesse que le dernier recensement fait apparaître avec la rigueur d’une condamnation à brève échéance.

Bientôt, mon pays n’existera plus en tant que pays des Normands ; déjà, il n’est plus capable de réagir devant le gaspillage de ses ressources humaines et naturelles, devant la transformation de son fleuve royal, la Seine, en égout, de ses rivages marins, en cloaques, de son donjon cotentinais en poubelle atomique de l’Europe… Oui, en face de l’ethnocide dont se rend coupable l’État français à l’égard de la Normandie, je sens une immense révolte sourdre en moi… Me conduira-t-elle dans les geôles du pouvoir central ? Y retrouverais-je, là, tous ceux dont le crime impardonnable aura été de trop aimer leur solage, le passé de leur peuple et la solidarité de leur race ? Y rencontrerais-je, à côté du doyen des embastillés, le Dr. Siméoni, un gars du Limousin ayant trop voulu la décolonisation de sa région, un Occitan ayant trop rêvé du temps des troubadours, un Alsacien s’étant trop obstiné à se vouloir rhénan, un Flamand du Westhoek ayant milité pour les Pays-Bas français, un Savoyard n’ayant pas accepté d’être «rhonalpin», un Breton, suspect dès l’instant où « on » l’aura vu jouer du biniou (tout comme en 1945), un Champenois, qui en aura eu assez d’être exploité par un technocrate parisien, et, même, un Français d’Île-de-France, incarcéré comme bête curieuse parce que seul habitant d’une petite commune du Valois depuis longtemps désertifiée au profit de la Métropole parisienne ? Y trouverais-je tout ce monde ? C’est bien possible : en tout cas, ce serait là que je re-découvrirais… la France.

Extrait d’Éléments n°12, paru en septembre 1975

Tribune reprise de Revue-elements.com

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jeudi 12 janvier 2023

Gregory Roose exclu d’un prix littéraire pour raisons politiques



Gregory Roose est écrivain, auteur talentueux de nouvelles (Train de nuit et treize récits enracinés, La Nouvelle Librairie éd), chroniqueur à Valeurs actuelles, animateur d’un blog très suivi et candidat malheureux à un prix littéraire dont il est exclu non pour son manque de talent – il faisait partie des finalistes – mais pour des raisons de basse politique. Nous reproduisons son communiqué.

« Une procédure judiciaire a été lancée par Grégory Roose, écrivain et chroniqueur, contre les organisateurs du prestigieux Prix Boccace. Des éléments tendent à démontrer qu’il avait été présélectionné par le jury sur des critères littéraires, puis exclu pour ses opinions politiques.

Un article de MagCentre affirme que l’organisateur du prix littéraire, soutenu par le conseil départemental du Loiret, a fait une erreur de casting concernant Grégory Roose, indiquant que ce sont ses opinions politiques et activités militantes, qualifiées de nauséabond(es), xénophobes et islamophobes, qui ont motivé son exclusion du concours. Plusieurs publications sur les réseaux sociaux tendent à confirmer que son recueil, Train de Nuit, faisait partie d’une première présélection de huit ouvrages sur dix-sept reçus dans le cadre du Prix Boccace.

Gérard Audax, l’organisateur du concours, a déclaré selon MagCentre.fr reconnaître l’erreur, tendant à confirmer que Train de Nuit avait bien été présélectionné par le jury sur des critères littéraires avant d’en être exclu pour ses opinions politique. Une procédure judiciaire pour discrimination en raison des opinions politiques a été engagée ».

Notre commentaire : il n’est pas impossible que ce soit le journaliste de MagCentre qui ait « mis en garde » le jury, dans la nouvelle tradition du journalisme de délation.

Tribune reprise de OJIM


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lundi 12 septembre 2022

Comment survivre aux pénuries et coupures d’électricité à venir ? Le Kit de Base



La Confédération helvétique vient d’émettre une série de recommandations en cas de panne ou de coupure d’électricité. Elle conseille notamment de réfléchir à la façon, sans électricité, de préparer des repas chauds, d’avoir un éclairage suffisant, d’accéder aux informations importantes, d’avoir au moins une pièce chauffée dans son logement, d’assurer le bon fonctionnement d’installations, d’appareils et de systèmes importants comme des machines de dialyse, des systèmes d’alarme ou des pompes.

Alors qu’en France, Elisabeth Born évoque – ce qui était jugé complotiste il y a encore quelques jours – des coupures ciblées d’électricité (pas de gaz) cet hiver, alors que les prix menacent de flamber, non pas à l’hiver 2022 mais courant 2023 (au moins deux augmentations de 10% à prévoir durant l’année pour l’électricité), voici une liste de base de quelques matériaux et outils à posséder chez soi, pour s’habituer à faire sans l’Etat tiers monde qu’est en train de devenir la République française.

Concrètement, il faudrait penser à avoir chez soi les objets suivants:

– Un réchaud non électrique avec suffisamment de combustible (camping gaz avec cartouches de rechange, réchaud à fondue avec gaz/alcool à brûler ou grill ou cuisinière à gaz, à bois ou à charbon de bois).
– Un nombre suffisant de bougies avec allumettes ou briquet, ou lanterne au gaz avec cartouches de rechange.
– Une radio à piles.
– Des lampes de poche.
– Suffisamment de piles.

La Confédération helvétique recommande aussi, en toute situation, d’avoir chez soi:

– Au moins 9 litres d’eau par personne (un six-pack) pour l’équivalent de trois jours, sans compter les quantités requises pour l’hygiène corporelle ou la lessive.
– Des aliments de longue conservation pour une semaine au moins (conserves, riz, pâtes, huile, farine, plats préparés (p. ex. rösti), sel, sucre, café, thé, tisane, fruits séchés, muesli, biscottes, chocolat, lait UHT, fromage à pâte dure, salami, viande séchée, bouillon, soupes en sachet…)
– Des produits d’hygiène quotidienne (savon, papier toilette).
– Une armoire à pharmacie bien remplie, comprenant notamment les médicaments personnels pour une semaine au moins.
– Un peu d’argent liquide en petites coupures.

Ne pas négliger, pour ceux qui en ont le budget (c’est aussi possible en communauté, avec des voisins ou amis) l’achat de groupes électrogènes, essence ou diesel et des power stations, des batteries portables avec différents raccordements pour faire fonctionner ou recharger des appareils électriques.

Pour le reste, on ne pourra que vous conseiller de vous plonger, ou de vous replonger, dans les livres signés Piero San Giorgio, lui aussi classé « complotiste » depuis des années par les autorités, et qui pourtant demain, pourraient vous rendre de grands services, tout comme la revue Survival Magazine.*

Tribune reprise de Breizh-info.com le 6 septembre 2022

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mardi 5 juillet 2022

Covid, Ukraine, canicule… La nouvelle hystérie médiatique perpétuelle



Le premier quinquennat d’Emmanuel Macron aura marqué un tournant dans la vie quotidienne des Français, moins par les mesures prises par le président que par la mise en place d’une frénésie médiatique constante. Les périodes d’hystérie se multiplient, quel que soit le sujet employé. Au bout du compte, le débat public continue de s’abrutir alors que l’assise du gouvernement se solidifie.

Une pandémie, une guerre et une saison : un triptyque

Tout a commencé avec le Covid-19 : lors des premiers mois de la pandémie, l’incertitude a dominé le discours médiatique. D’où vient le virus ? Les chiffres de contamination donnés par les Chinois sont-ils fiables ? Quelle gravité de la maladie ? On peut d’ailleurs pardonner l’agitation chaotique des débuts, étant donné la faiblesse des informations disponibles. Mais, dès qu’il fut clairement établi que le Covid était plus proche de la grippe que de la Peste noire et que les personnes (très) âgées en constituaient les seules véritables victimes, le gouvernement, plutôt que de mettre en place une politique rationnelle et localisée, a choisi d’entretenir la panique générale.

Idem avec le conflit ukrainien : alors qu’il était évident dès le départ que Macron était un acteur de seconde zone dans le conflit, méprisé tant par les Russes que par les Ukrainiens, la communication du gouvernement a mis en scène une parodie de Guerre froide, dans laquelle Macron aurait été en première ligne pour protéger le monde libre. La monopolisation du temps médiatique disponible par les déclarations dérisoires et les bourdes du gouvernement (telles que les rodomontades de Bruno Le Maire) s’est soldée par la casse de la dynamique d’Éric Zemmour et la remise d’Emmanuel Macron au centre du jeu en tant que figure de président-candidat.

Même chose pour la canicule : c’est désormais le refrain estival indépassable au cours duquel les médias redécouvrent qu’il fait chaud en été et qu’il est bienvenu de boire de l’eau pour rester hydraté. Cela évite de parler de l’inflation galopante ou de la pléthore d’affaires qui accablent la « République exemplaire ». Décidément, la presse, sans qui ce travail d’analyse chirurgical resterait lettre morte, mérite amplement ses subventions généreuses.

Gérontocratie et infantilisation

Il existe bien un fil rouge qui permet de comprendre l’émergence de cette hystérie collective permanente, et qui laisse à penser qu’elle ne va pas se calmer lors du deuxième quinquennat entamé.

Renaissance (ex-La République En Marche), en tant que parti des boomers, des retraités et des CSP+ urbanisés, traduit leurs attentes mais a surtout pour but de répondre à leurs anxiétés. Celles-ci sont résumées dans la peur de voir l’ordre établi s’effondrer et laisser place à un nouveau modèle. Face aux contestations de la gauche islamo-wokiste et de la droite populiste et identitaire, le bloc centriste cherche à tout prix à conserver ses places et ses prébendes. Naturellement, ils sont les plus sensibles aux cycles d’hystérie médiatique qui tournent autour de ce qui pourrait menacer la stabilité de l’ordre macroniste : canicule géronticide, pandémie et retour du risque de la mort en Occident, guerre motivée par des visions politiques concurrentes et irréductibles.

Autrement dit, les ennemis de Macron sont ainsi autant « les extrêmes » que le soleil, la finitude de la condition humaine et la politique. Tout cela est finalement très cohérent avec la vision du monde promue par Jupiter et ses disciples : domestication de la population française, réduite à un troupeau passif de troglodytes industrieux confinés en milieu aseptisé, défense fanatique du modèle agonisant de la mondialisation droitdelhommiste et refus de la Grande Politique au profit de la gestion administrative et économique d’un pays réduit à une feuille Excel et à une suite d’indicateurs chiffrés.

L’horizon de la France dans les années à venir se dessine : l’alliance d’un gouvernement de bureaucrates égocentriques appuyé sur une base de retraités, et décidé à gérer le pays comme on gère une garderie, au gré des surexcitations informationnelles du moment. Une telle configuration ne saurait durer éternellement : l’impératif moral pour tous les Français attachés à leur identité, c’est de s’attacher à conserveur leur sanité intellectuelle et leur rationalité.

Par Clément Martin le 5 juillet 2022

Les Identitaires via Novopress


mercredi 29 juin 2022

Éducation nationale : l’effondrement continue



Le bateau ivre de l’Education nationale n’en finit pas de dériver et le naufrage final semble de plus en plus proche. Tous les ingrédients d’une inéluctable catastrophe sont en effet réunis depuis bien trop longtemps pour espérer encore une issue heureuse à la crise actuelle de l’enseignement. Violence endémique, analphabétisme galopant, inculture crasse, rupture de la transmission, wokisme rampant, nivellement par le bas, l’idéologie égalitariste et immigrationniste a conduit ce pivot central de la société qu’est l’enseignement au bord du gouffre. Même les plus aveuglés des pédagogues « progressistes » n’osent plus assumer le ridicule de prétendre que le « niveau monte » et sont contraints d’admettre le fiasco général. 

En plus, à tous ces maux, s’ajoute aujourd’hui la pénurie croissante de professeurs. Ainsi, à Versailles, la plus grande académie de France, seulement 424 futurs enseignants ont été admis aux concours pour 1 430 postes proposés. Un taux historiquement bas qui entraîne une situation inquiétante, alarmante même selon les syndicats. « On a seulement un poste sur trois d’enseignants pourvu en Ile-de-France, c’est catastrophique », s’émeut ainsi auprès de l’AFP la secrétaire générale du Snuipp-FSU, Guislaine David. Cette crise de recrutement est en effet sans précédent. Elle est le produit d’un double phénomène : la baisse drastique du nombre de candidats et l’écroulement du niveau de ceux qui veulent encore embrasser cette carrière sinistrée. Car non seulement rejoindre l’enseignement ne fait plus rêver personne, mais c’est au contraire une perspective devenue un véritable repoussoir qui n’attire guère plus que les bras cassés et les désespérés ne trouvant pas d’autres possibilités d’emploi. 

Jadis considéré et respecté, le métier d’enseignant est désormais tombé au fond d’un caniveau dont plus personne ne semble parvenir à l’extraire. Qui voudrait en effet rejoindre d’enthousiasme une institution dans laquelle, en plus d’être mal payé, on se retrouve quotidiennement confronté à des hordes de néo-barbares aussi ignares qu’agressifs et vindicatifs, ne maîtrisant pas plus les bases de la langue française que celles de la plus infime politesse, et qui insultent leurs professeurs quand ils ne les agressent pas ? Même les plus hallucinés chantres gauchistes du « vivre ensemble » ne veulent plus entrer dans l’arène et préfèrent opter pour d’autres métiers moins exposés aux conséquences directes et concrètes de leurs délires idéologiques.

Face à cette situation, le nouveau ministre de l’Education nationale, Pap Ndiaye, ne semble pas plus inquiet que cela et annonce simplement une hausse de rémunération des enseignants en 2023 afin de « motiver les troupes ». Il affirme même, dans un bel exemple de méthode Coué, qu’il y aura un professeur dans chaque classe à la rentrée, malgré les graves difficultés de recrutement évoquées. L’historien promet également qu’il travaillera pour que l’école permette de « davantage réduire les inégalités » et qu’il ne remettra en cause ni Parcoursup ni la réforme du lycée mise en place par son prédécesseur, Jean-Michel Blanquer. 

Pas de rupture donc, ni de grande nouveauté à l’horizon, qui reste bien sombre. On aurait pourtant pu espérer que le ministre s’inspire des méthodes éducatives et pédagogiques de la prestigieuse Ecole alsacienne où il a placé ses enfants pour remettre un peu d’ordre, d’autorité et d’excellence dans les écoles, collèges et lycées de France. Mais il n’en sera rien, ce qui est bon pour les enfants de l’élite « républicaine » ne semble pas l’être pour la plèbe qui devra encore attendre pour que ses enfants connaissent une « scolarité sereine » et de qualité.

Par Xavier Eman le 27 juin 2022

Présent via Novopress

mercredi 22 juin 2022

Camouflet pour Emmanuel Macron



Ensemble bien plus isolé que prévu ! Emmanuel Macron ne disposera que d’une majorité relative à l’Assemblée nationale, compromettant sérieusement ses projets, notamment la réforme des retraites. Il faudra courtiser Les Républicains, déjà divisés sur la question.

« Jamais l’Assemblée nationale n’a connu une telle configuration sous la Ve République. Cette situation constitue un risque pour notre pays au vu des défis que nous avons à affronter, tant sur le plan national qu’à l’échelle internationale. »

Les propos tenus dimanche soir par le Premier ministre Elisabeth Borne ne trompent pas, ces élections législatives ont un goût de défaite pour la majorité présidentielle. Seuls 247 candidats se présentant sous l’étiquette Ensemble ont été élus, loin des 289 nécessaires pour obtenir une majorité absolue à l’Assemblée nationale. Avec une majorité relative, les députés d’En Marche, du MoDem, d’Horizons et des autres micropartis ralliés à Emmanuel Macron voient leurs plans contrariés un mois seulement après l’élection de leur champion. La réforme des retraites paraît désormais très incertaine, tout comme un retour du passe sanitaire, du moins par la voie parlementaire.

Certaines figures emblématiques du quinquennat précédant ont perdu leur place de député, tout comme certains ministres fraîchement nommés. C’est le cas de Christophe Castaner, l’éborgneur de Gilets jaunes, de Richard Ferrand, l’homme aux conflits d’intérêts, mais aussi de Brigitte Bourguignon, ministre de la Santé qui disait il y a quelques mois que « les libertés des non-vaccinés s’arrêtent là où commencent celles des vaccinés ».

Aux yeux de l’opposition, le verdict est sans appel : « La déroute du parti présidentiel est totale », assène Jean-Luc Mélenchon. Marine Le Pen, de son côté, se réjouit d’avoir fait d’Emmanuel Macron « un président minoritaire ».

Dans la soirée, nombreux étaient ceux à purement et simplement réclamer la démission d’Emmanuel Macron, à l’image de Florian Philippot : « Macron doit présenter sa démission, il faut tout remettre à plat ! Les oppositions doivent saisir ce moment historique pour dépasser les vieux clivages et construire une alternative ! » Comme l’a martelé la presse dès lundi matin, le pays paraît désormais ingouvernable, car, même en s’appuyant sur Les Républicains et les députés estampillés « divers droite », il sera ardu pour le pouvoir de faire passer ses projets.

Un mois après la déroute de Valérie Pécresse, Les Républicains ont pris une nouvelle claque, n’obtenant que 64 députés, 25 de moins que le Rassemblement national. Cela sera-t-il la fin de LR ? Il semble en tout cas que cela entraînera de nouvelles divisions au sein du parti, certains étant déjà tentés par une alliance avec la majorité présidentielle sous l’influence d’un certain Nicolas Sarkozy. Christian Jacob, toujours président du parti, affirme que LR restera au sein de l’opposition. Difficile à croire au regard des transfuges de ces dernières années et des alliances faites ici et là.

Emmanuel Macron devrait bien être pieds et poings liés et ne pourra dissoudre l’Assemblée nationale que dans un an, une éternité dans les circonstances actuelles. Les plus cyniques imaginent toutefois que le président de la République pourrait s’en sortir avec une pirouette en mettant les crises à venir sur le dos de l’opposition NUPES-RN et des Français ayant « mal voté ».

Par Louis Marceau le 20 juin 2O22

Présent via Novopress

vendredi 17 juin 2022

Société de surveillance : Nouvelle alerte au flicage



Chaque jour, sous couvert d’améliorer notre « sécurité », nous gravissons allègrement, et sans réelle contestation, de nouveaux paliers dans l’encadrement de nos existences par un réseau de dispositifs de surveillance et de contrôle au maillage de plus en plus dense et serré. Mais ne vous inquiétez pas, c’est pour notre bien !

Ainsi, on apprend aujourd’hui la mise en place, d’ici à la fin du mois, d’un dispositif appelé « FR-Alert » qui sera déployé sur l’ensemble du territoire français et est censé permettre aux autorités d’avertir d’un danger imminent en envoyant en quelques secondes des notifications sur tous les téléphones situés dans la zone concernée. Une catastrophe naturelle, un attentat, un accident industriel… vous serez donc bientôt au courant de tout, en temps réel, afin de pouvoir réagir et vous adapter à la situation même si, face à un ouragan ou un terroriste armé, ces messages d’alerte vous feront certainement une bien belle jambe.

Fonctionnant grâce à une technologie dite « de diffusion cellulaire » (cell broadcast), ce système enverra en quelques secondes une notification écrite accompagnée d’une sonnerie stridente vers tous les téléphones portables présents dans la zone concernée par le danger. Un peu comme ces messages que vous recevez peut-être déjà de votre mutuelle ou de votre assurance et qui vous invitent à vous mettre à l’abri quand il pleut ou à vous hydrater en cas de canicule. Au-delà de l’aspect infantilisant de ce maternage institutionnel, la nouvelle application FR-Alert est particulièrement inquiétante puisqu’elle induit une géolocalisation permanente de tous les possesseurs de téléphone. En effet, pour pouvoir vous prévenir à tout instant d’un quelconque danger, l’Etat doit tout le temps savoir où vous êtes. Vous serez donc continuellement « tracé » comme dans tout bon film de science-fiction dénonçant les dérives d’un système totalitaire. 

Sauf que, cette fois, c’est bel et bien la réalité. « Peu importe, si on n’a rien à se reprocher ! », rétorqueront peut-être les naïfs, oubliant que, d’une part, c’est justement parce qu’on n’a rien à se reprocher qu’il est intolérable de vivre comme un prisonnier de droit commun surveillé nuit et jour, et que, d’autre part, dans un pays où l’Etat est de plus en plus ouvertement l’ennemi de son peuple, on peut très vite et très facilement se retrouver dans une situation qui lui déplaise et qu’il viendra justement nous « reprocher ». « N’étiez-vous pas, monsieur Durand, tel jour à telle heure sur les Champs-Elysées, alors que s’y déroulait une manifestation des Gilets jaunes ? C’est très mal ça, monsieur Durand, vous êtes un factieux… Comprenez que, dans de telles conditions, nous nous voyons contraints d’engager un petit contrôle fiscal ainsi qu’une enquête sociale sur la façon dont vous élevez vos enfants… »

Cette accentuation du contrôle généralisé est d’autant plus inacceptable que son efficacité en matière de sécurité est nulle ou quasi nulle. Jamais la délinquance et la violence n’ont été plus omniprésentes malgré la multiplication des systèmes de vidéosurveillance et autres technologies de fichage et de flicage. Cela n’a rien d’étonnant car ce n’est en aucun cas avec des gadgets techniques que l’on peut éradiquer un phénomène social tel que la criminalité, mais bien par une volonté et des actes politiques forts et courageux, en mettant fin notamment à la culture de l’excuse et au laxisme judiciaire. Et pas en conduisant peu à peu les Français à vivre dans une sorte de gigantesque espace concentrationnaire digne du modèle chinois.

Par Xavier Eman le 14 juin 2022

Présent via Novopress

mardi 24 mai 2022

L’incroyable fourre-tout gauchiste – Programme commun de la NUPES


Le problème avec les « unions » en politique, c’est qu’il faut contenter tout le monde, faire plaisir à tous les membres de la grande famille difficilement réunie, donner des « gages », petits ou grands, aux uns et aux autres… Résultat, on se voit finalement obligé de produire en vue des élections un programme torrentiel dont pas un électeur sur cent ne viendra à bout de la lecture. C’est ainsi que la NUPES a présenté jeudi son programme commun de plus de 650 propositions pour les législatives. Un chiffre qui donne le vertige et renoue avec la vieille tradition gauchiste des interminables « résolutions » concluant les AG et se promettant de changer le monde.
Dans cette véritable avalanche de propositions, véritable inventaire à la Prévert de toutes les marottes, parfois contradictoires, de la gauche, on trouve évidemment un peu de tout, de l’incontournable « lutte contre le racisme et l’antisémitisme » à l’indispensable « refus de l’attribution du titre de chanoine de Latran au président de la République » en passant par la cruciale « interdiction de la présence aux cérémonies religieuses de ministres, préfets et maires dans l’exercice de leurs fonctions » ou la non moins fondamentale « transformation des gardes champêtres en gardes environnementaux ». 
Si toutes les idées évoquées ne sont pas dénuées d’intérêt – sur une telle masse, ce serait désespérant ! –, notamment en matière d’écologie et de protectionnisme économique, il ressort néanmoins de ce « socle » gigantesque à la fois un sentiment de grande dispersion, d’absence de hiérarchisation des problématiques et surtout de fort tiraillement entre des options idéologiques passablement opposées, en premier lieu sur l’Europe ou le nucléaire. 
En gros, s’ils s’accordent sur les détails sociaux ou sociétaux, les néo-alliés restent divisés sur nombre d’options pourtant fondamentales. Ainsi si LFI est favorable à la sortie de l’OTAN, le parti socialiste y est opposé, quant à l’Union européenne « aucune vision ne s’est imposée aux autres ». On verra donc plus tard…
Lors de la conférence de presse de présentation de cet interminable pensum, Jean-Luc Mélenchon a donc fort bien fait de préciser qu’il ne s’agissait « pas d’aboutir à une fusion idéologique ». C’est le moins que l’on puisse dire tant les divergences semblent nombreuses. Le communiste Ian Brossat a d’ailleurs rappelé que « si demain nous avons des groupes parlementaires à l’Assemblée nationale, ils défendront leurs convictions » notamment sur la filière nucléaire que le parti continue à défendre contrairement aux autres membres de la coalition. 
Ce rappel semble clairement signifier que l’union n’a qu’une vocation électoraliste, chacun retrouvant son autonomie de décision et son propre programme au lendemain du scrutin.
Bien évidemment, il est hélas presque inutile de le préciser, en matière d’immigration et de sécurité, c’est toujours la même vision angélique et laxiste qui prévaut, celle qui a mené notre pays au bord du chaos et avec laquelle il serait urgent de rompre radicalement si le sort des Français autochtones intéressait encore ne serait-ce qu’un peu ces beaux messieurs (et dames bien sûr, et autres également, pas de discrimination de genre…).
En bref, beaucoup d’articles pour pas grand-chose et rien de très nouveau sous le soleil des utopies gauchistes.
Par Xavier Eman le 20 mai 2022

jeudi 19 mai 2022

Macronie : la permanence socialiste – Borne, Valls, Castaner, Guérini, Ferrand…



On a beaucoup écrit et glosé sur la fin du Parti socialiste et l’effondrement de ce parc à éléphants devenu cimetière. Destruction ? Ou transformation ? Car la nomination d’Elisabeth Borne à Matignon a tout pour nous rappeler que les socialistes ont la vie dure et la carrière pas compromise. Borne incarne l’aile gauche de la Macronie, cela c’est admis. Surtout, elle est l’ancienne directrice de cabinet de Ségolène Royal. Une ancienne cadre du PS nommée par l’ancien conseiller de François Hollande lui-même ancien secrétaire du Parti socialiste ? Le cadavre a l’air bien vivant et c’est le moins que l’on puisse dire.
Pour autant, il y a urgence dans le parti de la rose. Ecartelés entre la Macronie et La France Insoumise, le PS doit choisir. C’est du moins ce qu’on serait tenté de croire. En réalité, LREM c’est le PS débarrassé de son aile gauche. C’est la consécration de la sociale-démocratie de Hollande, Valls et consorts. Ce dernier a même réussi à se faire investir par le parti de la majorité, prolongeant ses espoirs de redevenir ministre un jour. Bémol : le député sortant des Français de l’Etranger en Espagne et au Portugal ne veut pas lui laisser la place et a maintenu sa candidature. Christophe Castaner, Stanislas Guérini, Barbara Pompili, Richard Ferrand… Macron c’est Hollande en plus vendeur !
La mésaventure de Valls, c’est un petit peu l’incarnation de ce qui se déroule au PS : si un véritable pont existe entre les exfiltrés du PS et le parti de la majorité, ils sont parfois victimes d’une part des ambitions contrariées de leurs pairs mais aussi des besoins du moment d’un Président s’étant aboli du clivage gauche-droite mais obligé de composer avec ses intérêts du moment ou d’une réforme que l’opinion marque encore à gauche ou à droite.
L’autre annonce de cette nomination, c’est l’entourage. Puisqu’en arrivant à Matignon, Elisabeth Borne s’est déjà vue administrer un directeur de cabinet : Aurélien Rousseau, conseiller d’Etat et ancien directeur de l’ARS d’Ile-de-France. Vous commencez à voir le problème ? Il est marié avec Marguerite Cazeneuve, ex du cabinet McKinsey qui a conseillé le gouvernement dans la mise en place de l’absurde politique sanitaire. Elle est depuis directrice de la CNAM. D’autres précisions ? Son père, Jean-René Cazeneuve, est député LREM du Gers. Encore ? Son petit frère, Pierre Cazeneuve, est conseiller d’Etat, conseiller d’Emmanuel Macron et candidat LREM aux élections législatives. Avouons qu’avec un entourage familial pareil, Elisabeth Borne est bien encadrée ! Rien ne change en Macronie donc, le PS a la vie dure et les vieilles habitudes perdurent. Il faut croire que les Gilets jaunes n’ont pas eu l’effet escompté et que tout ce qui était reproché à la Macronie prend corps.
Au fond, derrière la réussite du clan Cazeneuve, il y a un bel exemple de méritocratie française, mais aussi la confirmation d’une certaine consanguinité du pouvoir. Dont acte.
Par Etienne Defay le 18 mai 2022

samedi 14 mai 2022

Robert Ménard : une girouette devenue folle ?



Le maire de Béziers a toujours été un personnage difficile à suivre, mais aujourd’hui, il a définitivement fini d’égarer les derniers intrépides qui tentaient de le faire. En effet, dans une tribune publiée ce mardi 10 mai dans Le Figaro, Robert Ménard appelle à donner une majorité à Emmanuel Macron aux législatives. Pour lui, il convient de « faire bloc » derrière le président de la République afin de contrer la « menace » représentée par la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale de Jean-Luc Mélenchon. 
Apparemment, les candidats de la droite nationale et patriote sont sortis de l’équation du fondateur de Boulevard Voltaire… Si l’on peut, à la première lecture, avoir des difficultés à croire à un tel positionnement, force est de constater que ce ralliement macroniste (dans l’espoir d’un strapontin ministériel ?) n’est en fait que le énième épisode d’une longue série de revirements, plus ou moins radicaux, souvent peu explicables, qui caractérise le parcours de l’édile biterrois.

Venu de la gauche humanitaire, l’ancien patron de « Reporters sans frontières » (où, reconnaissons-le, il avait pris des positions parfois courageuses sur la liberté d’expression) a progressivement glissé vers la droite nationale via la « droite hors les murs » dont il se serait sans doute bien vu le chef de file avant de se faire souffler la place par Eric Zemmour.

Robert Ménard, porté par un ego considérable, s’est toujours voulu un « électron libre » mais celui-ci s’est peu à peu transformé en ludion incontrôlable et incompréhensible.
Ainsi, entre deux déclarations d’amour passionné aux républicains espagnols ou aux antifascistes italiens, le maire de Béziers a longtemps travaillé à une entente entre Eric Zemmour et Marine Le Pen, avant de faire volte-face et d’insulter le camp de l’ancien journaliste en le qualifiant de rassemblement de « patriotes de pacotille qui fantasment sur Poutine ou sur Pétain. Une droite nostalgique qui est un véritable repoussoir ».
Un peu plus tard, ce fut au tour de Marine Le Pen – dont il était pourtant censé être un « soutien critique » –, de subir les foudres et les jugements péremptoires du torquemada du sud-est, critiquant sa campagne et estimant que le second tour était « une défaite » pour la candidate patriote.

Pour compléter le tout, Robert Ménard s’est également récemment adonné à un pathétique exercice de repentance, affirmant, confronté à la crise des réfugiés ukrainiens, regretter son opposition et ses déclarations vis-à-vis des réfugiés syriens et irakiens, propos qui le rendent aujourd’hui « honteux ».

On ne peut au final que conseiller à Robert Ménard d’aller soigner cet accès de remords honteux dans les salons de sa mairie – qu’il gère semble-t-il avec une grande efficacité – et de laisser la politique nationale à des gens un peu plus stables et cohérents que lui.

Par Xavier Eman le 12 mai 2022